L’Egypte, on ne la voit nulle part ailleurs; des images intenses, intimes, des histoires racontées de l’intérieur par des jeunes photographes égyptiens, hommes et femmes. (…) « Hakawi » promet des « récits d’une Égypte contemporaine ». Cette exposition salutaire investit la Cité internationale des arts à Paris, dans le cadre de la Biennale des photographes du monde arabe contemporain.
Promesse tenue. Dans les quatre étages de l’exposition, nulle trace d’exotisme ou d’orientalisme, mais des récits d’une Égypte vécue de l’intérieur. Chacune de ces histoires est irremplaçable. Toutes mises ensemble, elles mettent en marche une petite mélodie irrésistible sur l’Égypte d’aujourd’hui. « De par eux-mêmes, ils ont envie de documenter et de raconter leur pays, leur société, explique le co-commissaire Bruno Boudjelal, luimême photographe et membre de l’agence Vu, tout en sachant que, en Égypte, en faisant ce type de photographie, on n’en vit pas. Ils ont vraiment cet engagement-là. » Les portes d’entrée de Mai Al Shazly nous montrent le chemin.
Avec un sens aigu de la dérision et les yeux d’aigle d’une sociologue, cette artiste de 34 ans, née au Caire, ausculte « la façon dont les gens investissent et décorent l’entrée de leurs appartements ». (…) Mohamed Anwar nous plonge dans la nuit. Assis derrière sa caméra, ce vidéaste indépendant, né en 1996 à Gizeh, capte dans la ville la présence nocturne des passants : leur manière de marcher, de s’habiller, de se déplacer seuls, à deux ou en groupe, avec des sacs ou les mains vides, voilées, casqués ou barbus… « La nuit, on montre notre véritable “moi”.